Proposition pour le nouveau CHUM, oeuvre 10
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Modélisation et rendu par atelier B3 paysage intégré

Passages de la lumière

L’œuvre représente un déplacement de la lumière, un transport d’énergie intangible qui se matérialise ici en cinq tableaux distincts et autonomes. Ces tableaux sont eux-mêmes répartis en cinq zones du parcours. L’œuvre appelle donc à un déplacement pour en apprécier l’ensemble, bien que chaque tableau se suffise à lui-même.

Les cinq tableaux sont liés par l’emploi du blanc sur blanc, par celui du plâtre comme matériau privilégié, par la façon dont les volumes s’intègrent littéralement à la surface du device et finalement, par le fait qu’ils soient visibles tant de l’extérieur du bâtiment qu’à l’intérieur. Certains fragments sont ponctués d’acier inoxydable pour accentuer des détails ou établir des contrastes.

Puisque les structures imaginées pour le CHUM semblent littéralement s’échapper de la matière même dont la balustrade est construite - gypse et plâtre, c’est tout le ‘’geste’’ initial de la balustrade qui semble s’être développé en d’autres formes, lesquelles se déploient telles des surfaces flexibles et organiques, se détachent de la paroi, creusent des failles ou se soulèvent.

Le blanc s’est imposé pour laisser toute la place au transport immatériel de la lumière. Mais il s’agit d’une multitude de blancs, chauds et froids, sombres et clairs, modulés par l’éclairage naturel qui provient de l’est et du S-E et l’éclairage ambient au LED.

La démarche est celle de ma pratique habituelle. Ici encore, le lieu à investir m’est apparu à la fois comme un support pour du dessin dans l’espace et comme un volume dont j’analyse systématiquement les composantes : dimensions, éléments d’architecture, rapports d’échelle et de proxémique et bien sûr ici, les œuvres de Karilee Fuglem et de Klaus Scherübel dont je devais tenir compte.

Suite à cette enquête à la fois topologique et poétique, j’ai superposé à l’espace original de nouvelles structures architectoniques dont la forme finale et le positionnement m’ont été dictés par cette stricte analyse. Il en a résulté un espace augmenté de signes visuels qui ont pour fonction de fouiller les lieux, telles des extensions du corps ou de l’esprit, et qui révèlent au spectateur son propre potentiel d’investigation.

L’invitant, pour ainsi dire, à avancer dans le blanc, à marcher dans la lumière, la connaissance et l’espoir.

01 - 02

Début du parcours vers l’entrée St-Denis.

Décentrement de la pièce 01 vers la droite, en blanc sur blanc, afin de la détacher de l’œuvre de Klaus Scherübel. L’œuvre tourne le coin pour annoncer une continuité.

03.1

L’œuvre, en deux fragments superposés, porte la lumière du sud au nord, de l’autre côté de l’ouverture sud de la maison Garth.

03.2

J’ai choisi de ne pas intervenir entre la maison Garth et l’œuvre de Karilee Fuglem. Cet espace est une œuvre en soi, occupé par de magnifiques subtilités architecturales auxquelles je laisse toute la place.

J’interviens de l’autre côté de l’œuvre, en quatre fragments, à partir de la zone de l’escalier et jusqu’au coin 03-04 :

Ici, le geste semble avaler la lumière qui ressort en se lovant le long de la passerelle, la traverse et annonce une continuité avec la zone 04.

04 (galleria)

On assiste ici à une rupture formelle et l’on passe de surfaces courbes à des surfaces planes.

L’étroitesse de la zone de recul appelle à un déplacement rapide mais les bancs qui la longent nous invitent en même temps à la contemplation.

Des traits de lumière, une évolution formelle de la pièce 05.1, induisent l’idée de vélocité tandis que les détails d’exécution retiennent notre attention.

05.1 - 05.2

Agit comme amorce du parcours vers l’entrée Viger.

En écho à la pièce 01 - 02, ce fragment propose d’abord un geste de continuité entre la galleria et la devanture St-Denis avec ses surfaces planes, puis le retour des courbes telles qu’en 01 face à l’entrée Viger.

Passages of Light

The work represents a shifting of light, a transfer of intangible energy that is presented here in five distinct and autonomous scenes. These scenes then are divided up into five areas of the device. The work thus requires a displacement to appreciate the overall ensemble, although each scene is a work in itself.

The five scenes are linked through the use of white on white, through plaster as preferred material, by the way the volumes literally become integrated into the surface of the device and lastly, by the fact that these fragments will be visible from both the inside and the outside of the building. Some fragments are accentuated with a satiny, stainless steel finish to emphasize details or to establish contrasts.

Because the structures conceived for the CHUM seem to come literally from the material with which the device is constructed such as gypsum and plaster, it is the initial “gesture” of the device that seems to have developed into other forms, that spread out as flexible, organic surfaces, becoming detached from the walls, raising up as faults or hollowing out as rifts.

The white is essential in order to fully enable the immaterial transfer of the light. But there is a multitude of whites, warm and cold, sombre and bright, modulated by the natural light that comes from the east and southeast and the ambient LED lighting.

The process for this work is related to my regular art practice. Here again, the place for the work appears to me as both a support for drawing in space and a volume in which I systematically analyse the components, such as the dimensions, the architectural elements, the relationship of scale and proximity and of course here, the works of Karilee Fuglem and Klaus Scherübel that I must take into account.

Following this topological and poetic investigation, I have superimposed new architectonic structures on the original space, the final form and placement having been dictated by this strict analysis. The result is a space augmented with visual signs that have the function of carefully exploring the place, like extensions of the body or the mind, and revealing to the viewer his or her potential for investigating. Inviting them, so to speak, to move forward in the white, to walk in the light, knowledge and hope.

01 – 02

The itinerary begins near the St. Denis Entrance

The 01 piece of white on white is off-centre towards the right, so as to be separated from the work of Klaus Scherübel. The work turns the corner, announcing a continuation.

03.1

The work, two superimposed fragments, carries the light from south to north, from the other side of the south opening of Maison Garth.

03.2

I have chosen not to intervene between Maison Garth and the work of Karilee Fuglem. This space is a work in itself, occupied by magnificent architectural subtleties that I will leave as is.

My intervention will continue on the other side of Karilee Fuglem’s work, with four fragments beginning at the staircase area and going to the corner 03-04.

04 (galleria)

Here there is a formal break and the curved surfaces become flat surfaces.

The narrowness of the area suggests that one should move through it quickly but, at the same time, the benches running alongside invite contemplation.

Shafts of light, a formal development from the 05.1 piece, imply the notion of velocity while the execution details hold our attention.

05.1 – 05.2

This acts as the start of the itinerary from the Viger Entrance.

As an echo of the 01 – 02 piece, this fragment primarily proposes a gesture of continuity between the galleria and the St. Denis display with its flat surfaces.

Then there is a return to the curves, like in the 01- 02 piece, opposite the Viger Entrance.