Structures anthropomorphiques
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J’avais pris l’habitude de m’introduire à l’intérieur de sculptures antérieures pendant leur construction pour en dessiner la structure. Mais cette observation, à une très courte distance focale, englobait un angle de champ très grand, déformant. En étant dessinées, les droites se sont recourbées, les formes se sont ouvertes et refermées sur l’espace.

Ces dessins, bien qu’en parfaite concordance avec mon travail en sculpture, en sont une représentation plus intimiste. Ils témoignent de l’expérience vécue en me glissant là où le spectateur n’a pas accès, dans les coulisses de l’œuvre, presque dans ma tête.

Il en a résulté des maquettes conçues pour accueillir le corps et qui m’apparaissent comme des espaces de protection et d’épanouissement individuels.

Après avoir longtemps cherché comment aborder la construction des gabarits à échelle réelle, j’ai décidé de le faire de façon intuitive, comme s’il s’agissait d’un dessin que je griffonne et efface à mon gré, ajoutant ou éliminant de la matière (bois).

Puis j’ai envoyé ces gabarits à l’ébéniste qui les a reproduits fidèlement, mais proprement.

Bien que parfaitement assemblés, on détecte leur élaboration toute intuitive, tant dans l’assemblage de pièces de longueur et d’épaisseur variable que dans l’étrange continuité des lignes.